Florent Mattei


" LES FAMILIERS "
Régis Durand, commentant les portraits de P. Faigenbaum, écrit :
"Le portrait photographique est un de ces gestes décisifs. Il condense en général un ensemble de signes qui établissent une cohérence et une appartenance (psychologique et sociale). (...(. Le reste du temps, ce qui est visible avant tout, cíest la scénographie appliquée, le souci de souligner le rapport au lien, la ressemblance familiale, les postures etc."
Souligner le rapport au lien, d'cliner la ressemblance familiale, retenir les postures : la série "Les Familiers" síinscrit dans une telle recherche photographique; une sorte díinvestigation passionnante à travers les visages et les générations. Une traversée des temps.
Chaque quadriptyque trace ici l'histoire d'une fabrication : celle de líidentité d'un individu. Ce long travail de formation individuelle met en jeu le patrimoine génétique et le patrimoine familial, ce que líon pourrait désigner trés schématiquement : l'inné et l'acquis.

Cette fabrication comprend deux mouvements contradictoires : "avec" et "contre". Nous nous construisons avec ceux qui nous entourent, nous aiment et nous forment. Cette appartenance à un groupe nous permet fortement d'exister : elle nous consolide, nous donne de l'assurance. Mais cette ressemblance nous assujettit aussi. Le simple "c'est le portrait craché de..." est souvent bien lourd à porter. C'est pourquoi nous nous construisons aussi contre. Contre cette mise en moule.

La série "Les Familiers" travaille sur cet "avec", sur ce "contre". Ainsi, cette investigation à travers les visages et les générations se lit dans la circulation d'une image à l'autre. En diagonale : entre le patrimoine génétique et le patrimoine familial. En gros plan : un point de ressemblance...