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Les clichés présentés jouent sur l'ambiguité d'«installations» mises sur ma route par le hasard, accumulations diverses et confrontations insolites.
Dans ces travaux, je tente de restituer un choc visuel, et mon intervention est volontairement réduite à l'observation sans mise en scène.
Là encore, il s'agit de perception, mais aussi de hasard et de culture. Que voit-on dans un objet de rebut, dans un objet jeté ou exposé aux regards des passants ? Comment une mise en scène involontaire nous replonge-t-elle dans un système de références historiques et culturelles de façon incongrue, radical et insolente ?
Mais la rue n'est pas uniquement un théâtre de formes et de couleurs. J'ai rencontré des personnes sans abri, et j'en ai fait des portraits - dans le contexte particulier d'un arrêté anti-mendicité pris par la mairie de Nice -. Pas de pathos dans ces portraits, mais de vraies rencontres, des sourires fragiles, des personnes dignes. De ces portraits a été créée une installation nommée « Souvenir de Nice » qui met en situation cinq cartes postales à l'effigie de ces gens, mélangés à cinq autres, représentant des vues de Nice, le tout disposé sur un portant mural pour cartes postales.
J'ai prolongé ce travail en photographiant les abris que les personnes vivant dans la rue se constituent, cabanes précaires, matelas, couvertures, cartons, dont l'agencement évoque un confort fragile dans un milieu hostile.
Ces «accumulations» renouent avec mes premiers travaux photographiques, tout en intégrant une dimension sociale. |